Prise de parole dans le cadre de la fête de clôture du Prix Ado-Lisant

wolumagDiscours prononcé le samedi 09 mars 2013 à l’occasion de la remise du prix littéraire Ado-Lisant. L’occasion pour le bourgmestre Benoît Cerexhe de revenir sur l’importance de la culture dès le plus jeune âge.

Mesdames,
Messieurs,
Chers concitoyens de Woluwe-Saint-Pierre,

C’est un plaisir et un honneur pour moi de pouvoir prendre la parole aujourd’hui dans le cadre de cette journée de clôture du Prix Ado-Lisant. Lancé en octobre 1997 par les bibliothèques de Woluwe-Saint-Pierre, c’est une initiative qui en est déjà à sa 15e édition et la liste des partenaires intéressés par l’initiative, en Belgique et en France, n’a cessé de s’allonger. Chaque année, 6 romans sont sélectionnés parmi la littérature jeunesse contemporaine pour les adolescents de 13 à 16 ans. Ces 6 romans sont soumis à l’esprit critique de ces jeunes et primés pour avoir su les toucher. Les ados, c’est un public exigeant, qui ne rira pas facilement ni même ne sera ému aisément !

Il me tient à cœur aujourd’hui d’insister sur le fait qu’il n’y a pas de ‘petite’ ou de ‘grande’ littérature de même qu’il n’y a pas de petits ou de grands lecteurs: il y a des auteurs et des genres. La littérature jeunesse est un genre en soi et il n’est pas simple, pour un écrivain, de parvenir à traiter des thèmes qui intéressent les adolescents, sans pour autant les infantiliser. Quand ils ouvrent un livre, le soir dans leur lit ou dans le tram qui les ramène de l’école, ils ne veulent pas que l’on s’adresse à eux comme à des enfants. Mais ils ne sont sans doute pas prêts non plus à ce qu’on les traite comme des adultes. Il faut trouver le juste milieu, ce qui nourrira leur imaginaire et leur donnera envie de tourner la page. Et cela repose en grande partie sur la sensibilité de l’auteur de littérature jeunesse.

Cette année, dans la sélection d’ouvrages proposés pour le Prix Ado-Lisant qui sera remis tout à l’heure, on retrouve des thèmes aussi variés et universels que l’abandon, le passage à l’âge adulte, la découverte du sentiment amoureux, l’alcoolisme, le chômage, la précarité. Il faut trouver les mots pour aborder ces sujets importants.

Les adolescents aiguisent sans cesse leur esprit critique: dans le cour de l’école, en entendant leurs parents discuter de sujets qui les interpellent, en regardant la télévision, en écoutant leurs professeurs. Leur faire découvrir une littérature qui leur est spécifiquement destinée est fondamental. Il faut ensuite les aider à développer un regard critique sur leurs lectures et sur les sujets qui y sont abordés. Cela créera chez eux une plus large ouverture au monde parce que la lecture, c’est une source de plaisir mais aussi de compréhension du monde.

Il faut reconnaître qu’il n’est pas toujours facile d’attirer l’attention des adolescents et de les maintenir en haleine tout en conservant cette notion de « lecture-plaisir » . Certains l’ont fait avec le succès que l’on sait. Je pense à Harry Potter notamment, qui a mis le pied à l’étrier à des millions de jeunes lecteurs de par le monde. Ces livres ont vocation à susciter le plaisir de lire mais aussi, pourquoi pas, le plaisir d’écrire ! Le Prix Ado-Lisant a couplé les deux avec la remise du Prix à l’Expression qui vise à encourager les jeunes à, eux-mêmes, se lancer dans le bain de l’écriture.

L’accès à la lecture et, plus globalement, à la culture pour les jeunes est crucial. Pour leur avenir personnel mais également pour la société de demain, dont ils seront les acteurs. Qu’ils aient, dès le plus jeune âge, pût rencontrer la culture sous toutes ses formes, leur donnera les armes nécessaires pour réagir intelligemment aux défis du monde. La culture contribue à l’épanouissement individuel et collectif mais aussi à l’édification d’une citoyenneté de par les connaissances qu’elle apporte aux citoyens qui y ont accès. C’est la raison pour laquelle il faut continuer à soutenir les initiatives favorisant l’accès à la culture: café-théâtre, bibliothèques, séances de lectures publiques, etc. Le Centre de Littérature de Jeunesse de Bruxelles propose, par exemple, chaque année de multiples activités avec notamment, pendant l’été, l’action « Livres au parc » à laquelle participe le parc de Woluwe ou la Bibliothèque filiale du Chant d’Oiseau parmi tant d’autres lieux de notre commune. Et que Woluwe-Saint-Pierre contribue à cet immense défi culturel, avec la remise de ce Prix aujourd’hui, me réjouit. Il faut plus que le sponsoring ou les subsides pour promouvoir la création artistique. Il faut une ville créative, contemporaine, foisonnante d’idées. La vocation culturelle de la commune ne s’est jamais démentie et cet événement en est un nouvel exemple.

Je vous remercie pour votre attention.

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