Péage urbain à Bruxelles : Une idée de technocrates qui ne tient nullement compte de la réalité économico-institutionnelle de la Région bruxelloise

Le chef de groupe CDH au Parlement bruxellois, Benoît Cerexhe a pris connaissance ce matin de l’étude rendue publique par l’OCDE relative au développement économique de notre pays.

Benoît Cerexhe entend réagir très vivement à une des recommandations faites par l’OCDE, à savoir celle de mettre en œuvre à l’entrée de Bruxelles un ‘péage urbain’, « présenté par les technocrates de l’OCDE comme la solution au problème de désengorgement du trafic dans la Capitale».

Communiqué de presse de Benoît Cerexhe, chef de groupe CDH au Parlement bruxellois

Péage urbain à Bruxelles : «Une idée de technocrates qui ne tient nullement compte de la réalité économico-institutionnelle de la Région bruxelloise», déplore le chef de groupe CDH au Parlement bruxellois Benoît Cerexhe.

Pour le chef de groupe CDH bruxellois, cette recommandation est « le prototype de la fausse bonne idée, parce que parfaitement inadaptée à la situation institutionnelle de la Région bruxelloise…».

Benoît Cerexhe reproche aux chercheurs de l’OCDE de ne nullement tenir compte des situations particulières et de finalement ne proposer que des solutions ‘standard’, ce quelles que soient les réalités de terrain. A titre d’exemple, Benoit Cerexhe fait remarquer que l’OCDE propose d’appliquer la même forme de péage urbain tant à Bruxelles qu’à Anvers, alors que la réalité socio-politico-économique des deux métropoles est radicalement différente.

Benoît Cerexhe rappelle que la Région bruxelloise constitue une entité fédérée propre, encarcanée dans les limites institutionnelles que l’on connait de ses 19 communes. Le chef du groupe CDH au Parlement bruxellois reproche à l’OCDE de ne considérer dans son analyse que l’entité « Belgique » sans tenir compte de la réalité fédérale et des conséquences sur les Régions – et la Région bruxelloise en particulier – des recommandations formulées. « Il s‘agit d’une vision purement macro-économique, centrée qui plus est sur la seule problématique de la Mobilité, dénonce Benoît Cerexhe, qui ne prend absolument pas en considérations les conséquences que la mise en œuvre d’une telle politique pourrait avoir à un niveau plus local – régional en l’occurrence- sur d’autres politiques tout aussi vitales et importantes pour Bruxelles.»

« Car il va de soi que l’introduction d’un péage urbain aux portes de Bruxelles aura des conséquences sur l’attractivité de la Région bruxelloise pour les entreprises et leurs employés, continue le chef du groupe CDH. Or, si les entreprises se mettent à préférer s’installer là où son personnel, ses clients, ses visiteurs n’auront pas à s’acquitter de ce qui s’apparentera à une nouvelle taxe – c’est-à-dire hors Bruxelles-, les risques de délocalisation ne feront que croître. Certes, au niveau de la Belgique, cela n’a guère d’influence ; par contre, au niveau bruxellois, cela en aurait beaucoup. Comme Bruxellois, je m’y oppose fermement.»

Vu la complexité institutionnelle de notre pays – « Bruxelles n’est ni Londres, ni Stockholm, ni Oslo ! », l’instauration unilatérale d’un péage urbain présente, pour Benoît Cerexhe, des risques économiques importants de fuite d’entreprises et de délocalisation. « Dans un contexte concurrentiel de plus en plus rude entre les Régions, dans un cadre communautaire de plus en plus incertain, nous ne pouvons nous résoudre à accepter de mettre en place une politique qui contribuerait à ce que des entreprises quittent la capitale , avec l’emploi qu’elles génèrent au bénéfice des Bruxellois ».

Benoît Cerexhe fait par ailleurs remarquer qu’imposer une taxe à l’entrée de ville constituerait aussi une menace forte pour les nombreux commerces du Centre et du Haut de la Ville, qui attirent une clientèle très largement non-Bruxelloise, laquelle est déjà, vu les difficultés rencontrées en ville (redevance de stationnement, parking déficitaire, …) de plus en plus tentée de s’arrêter dans des pôles commerçants périphériques comme Waterloo, Louvain-la-Neuve, Alost, Louvain ou Malines.
Le groupe CDH rappelle qu’un emploi situé à Bruxelles, dans les 19 communes, restera TOUJOURS plus accessible à un(e) Bruxellois(e) qu’un poste de travail situé dans la grande périphérie de Bruxelles, tant pour des questions de connaissance des langues que des questions d’accessibilité : s’il est en effet facile pour les navetteurs de rejoindre Bruxelles en train, il est nettement plus compliqué de se rendre par transport en commun dans des zonings industriels situés à 10-15 km de la capitale.

La question de la mobilité dans et autour de Bruxelles doit donc dépasser les limites du territoire bruxellois. Un péage urbain, s’il doit voir le jour, ne peut être conçu que de manière beaucoup plus large, dans le cadre d’une Communauté métropolitaine, avec des portillons de taxation situés non pas aux frontières de la Région bruxelloise, mais bel et bien aux frontières de l’hinterland économique, aux limites de la zone RER. Des experts entendus par le Parlement bruxellois sur cette question l’avaient rappelé à juste propos, lors de la législature précédente.

Ce n’est donc que dans cette vision géographiquement plus étendue du péage urbain que le CDH pourra éventuellement s’inscrire.

Poster un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires.

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes pour formatter vos réactions:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>