Survol: Cerexhe lance un appel à l’union des francophones

L’insoluble dossier du survol de Bruxelles continue de faire débat. Benoît Cerexhe, Bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre, commune très concernée, s’exprime dans La Libre Belgique ce 5 avril. Morceaux choisis.

« Il faut rappeler que Bruxelles est aujourd’hui moins survolée qu’en 2003. Je ne vais pas dire que ce plan est parfait, mais il est le fruit d’un compromis entre différents partis. A l’époque, tous les francophones étaient d’accord pour dire que la situation de l’Oostrand était intolérable. La route de l’époque resposait sur des considérations communautaires. Au mépris de tous les critères de sécurité, on faisait passer les avions au dessus des communes majoritairement francophones ».

« Je regrette l’attitude électoraliste de certains partis. Je rappelle que les accords de 2008-2010 que Melchior Wathelet est en train d’appliquer ont été signés par le MR, qui comprenait encore le FDF. En juillet 2012, M.Gosuin écrivait encore à Melchior Wathelet pour exiger la dispersion des vols. Aujourd’hui, il joue à la girouette ».

« La Flandre veut bien du développement économique de l’aéroport mais ne veut pas des nuisances. (…) Il est grand temps que les francophones sortent de ces querelles électoralistes et s’unissent pour réfléchir ensemble. Qu’on réponde enfin à la question de savoir ce que nous voulons comme aéroport. (…) Pour moi, il faut un city airport, c’est-à-dire un aéroport d’affaires qui ne doit pas dépasser les 250 000 mouvements annuels ».

 

Retrouvez l’interview dans son intégralité sur lalibre.be

 

Le 04 avril dernier, Benoît Cerexhe était l’un des invités de l’émission #m de TéléBruxelles, sur le même sujet. « Je regrette que les francophones se divisent sur ce sujet » a-t-il expliqué. « Nous devons faire bloc et demander une objectivation des nuisances. Qu’on puisse, ensuite, faire les adaptations nécessaires en fonction des résultats. Mais il est clair que tous n’ont pas la même volonté politique, notamment les partis flamands, pour mettre en place cet organe de contrôle indépendant. Si on objectivait les nuisances, on se rendrait compte  qu’il faut accentuer le survol de  zones moins densément peuplée et celles-ci sont situées en Flandre ». Retrouvez ci-dessous, le débat dans son intégralité:

 

4 commentaires

  1. Antoine, le

    Monsieur Cerexhe,

    Je vous cite: « Il est grand temps que les francophones (…) s’unissent pour réfléchir ensemble »

    1. Pourquoi avoir agit (et envoyé les vols au dessus des quartiers les plus peuplés) avant d’avoir réfléchi?

    2. Il serait préférable que vous parliez de « Bruxellois » plutôt que de « francophones ». Pas la peine je suppose que je vous explique pourquoi.

    Bien à vous,

  2. Nicolas Julémont, le

    Bonjour,

    Tout d’abord comme mentionné dans la lettre de M. Gosuin adressée à M. Wathelet, il s’agissait de splitter l’autoroute aérienne, et non pas de la déplacer sur d’autres communes. Cela a empiré la situation puisque cette autoroute passe maintenant en région bruxelloise sur une distance 4x plus importante, et passe sur des communes plus densément peuplées que celles survolées précédemment.

    Il fallait négocier avec les flamands un arrêt pur et simple du survol de la région bruxelloise, et non pas refiler les misères des uns aux autres.

    Maintenant que tous les bruxellois peuvent tous profiter de ces nuisances insupportables, je ne doute pas que nous serons tous solidaires derrière les communes historiquement survolées. Il n’empêche que ce plan est dix fois pire qu’auparavant en terme du nombre de personnes survolées et qu’il doit être immédiatement supprimé.

    Nous attendons d’ailleurs l’étude que M. Wathelet vient de recevoir et qu’il ne publie évidemment pas afin d’objectiver la situation selon ses propres termes. Mais, je ne pense pas que nous la verrons un jour. Évidemment ce n’est pas lui qui manque de transparence, ce sont les mouvements citoyens. C’est bientôt fini tout ce cirque ?

    Franchement, M. Cerexhe, il est temps que le monde politique apprenne à débattre, et non pas à l’étouffer comme fait ici.

    Bien cordialement,

    Nicolas Julémont

    • Benoit Cerexhe, le

      Cher Monsieur,

      Plusieurs riverains m’interpellent ces dernières semaines au sujet du survol aérien de leur quartier et des nuisances sonores qui en découlent pour les habitants.

      En exécution des accords pris par le Conseil des Ministres en décembre 2008 et février 2010, le Gouvernement Fédéral a progressivement appliqué l’ensemble des nouvelles procédures aéronautiques visant à améliorer la répartition équitable des survols autour de Bruxelles-National.

      Les nouvelles routes aériennes ne font pas partie d’un « plan Wathelet » puisqu’elles ont été définies en 2008-2010 avant que Melchior Wathelet ne soit Secrétaire d’Etat à la Mobilité.

      Le Secrétaire d’Etat à la Mobilité a été chargé d’exécuter les accords aéroportuaires conclus lors des Conseils des Ministres des 19 décembre 2008 et 26 février 2010. Tous les partis qui faisaient partie du gouvernement, à savoir le le MR-FDF, le PS, le CD&V, le VLD et le cdH, ont soutenu ces accords. L’accord de gouvernement du 7 décembre 2011, qui associe en plus le SPa, a confirmé ces accords et a confié au Secrétaire d’Etat à la mobilité la responsabilité de les implémenter.

      L’implémentation technique de ces précédents accords s’est faite en étroite collaboration avec la Direction générale du transport aérien, Belgocontrol et tous les partenaires de la majorité fédérale. Elle s’est implémenté progressivement, étape par étape, pour assurer une sécurité maximale dans le travail des contrôleurs aériens.

      Sur Bruxelles, les accords engendrent une réduction globale des nuisances, en survolant moins de gens et plus haut.

      Sur un plan plus technique, si cela vous intéresse : une phase importante a été mise en place le jeudi 6 février 2014 :
      Les avions lourds ont été retirés de la route virage 1700 pieds vers la gauche survolant l’est de Bruxelles.
      La route virage 1700 pieds vers la gauche a été modifiée, les avions vers les balises Olno et Sprimont conservent la même trajectoire par Woluwe, Wezembeek et Tervueren ; tandis que les avions qui se dirigent vers le sud-est de la Belgique ne doivent plus faire le détour pour survoler la balise d’Huldenberg mais mettent immédiatement le cap vers les balises Sopok, Pites et Rousy. Le virage est plus large, mais les avions prennent plus rapidement de l’altitude en direction de l’autoroute E.411. Cette route n’est utilisée que le jour, et est fermée chaque nuit ainsi que du samedi 16.00 heures au dimanche 16.00 heures si les conditions météorologiques permettent d’utiliser la piste de décollage 25R.
      Les avions lourds et gros porteurs qui effectuaient jadis le virage vers la gauche à 1700 pieds ont été transférés sur la route du Canal ( si les militaires sont inactifs ) ou temporairement sur la route Delta ( lorsque les militaires sont malgré tout opérationnels et actifs ). Une solution est en cours de réalisation pour permettre une utilisation permanente de la route du Canal pour les gros porteurs afin de supprimer la route Delta qui passe par Koekelberg, Molenbeek, Anderlecht, Saint-Gilles, Forest et Uccle.

      L’application de ces accords a pour effet que, tous décollages et atterrissages confondus sur toutes les pistes, l’est de Bruxelles conserve 19% des survols, le sud est concerné par 12% des vols, le Canal 5% (dont tous les gros porteurs), l’ouest (Ring) 5% et le nord 13% (les 46% restants étant les atterrissages au-dessus des zones non édifiées à l’est des pistes 25).

      A côté de ces accords, des avancées considérables ont déjà été réalisées afin de diminuer l’impact sonore du trafic aérien : forte réduction du trafic de nuit (de 25.000 en 2007 à 15.000 vols annuels de nuit en 2013), instauration de plages horaires sans aucun décollage de nuit et le weekend, amélioration technique des appareils (diminution du bruit produit par chaque avion), sans parler de la réduction globale du trafic (de 325.000 vols annuels en 2000 à 215.000 aujourd’hui).

      Il n’empêche que les nombreuses plaintes que j’ai reçues démontrent que les nuisances sonores ont augmenté dans certains quartiers.

      Ce dossier est un dossier difficile, en particulier pour les personnes qui subissent les nuisances. Il mérite que le débat soit mené le plus sereinement possible. C’est la raison pour laquelle Melchior Wathelet a pris l’initiative de mettre en place un groupe de travail réunissant les experts du gouvernement fédéral et des trois Régions pour objectiver le débat et, en tout cas, éviter les rumeurs basées sur des informations erronées. C’est pour moi une excellente initiative. Et je solliciterai Monsieur Wathelet pour y associer les communes concernées.

      Su base de ce travail concerté d’objectivation, il faut vérifier l’application de la réglementation bruxelloise en matière de normes de bruit. Je plaide pour que la Région de Bruxelles-Capitale mène une politique d’application stricte de ses normes de bruit et de sanction des compagnies qui enfreignent celles-ci. La Région bruxelloise dispose d’un outil important, qui doit lui permettre de faire entendre sa voix et celle des Bruxellois.

      En fonction des résultats de ce travail préalable et nécessaire d’objectivation, il s’agira d’examiner sereinement et avec toutes les parties les possibilités d’ajustements et de se concerter avec les autorités compétentes en vue d’envisager des modifications qui répondent à l’objectif partagé de diminuer les nuisances pour l’ensemble des citoyens.

      Rassemblés autour de l’objectif de défendre tous les Bruxellois, et pas certains au détriment des autres, nous pensons que seules des mesures structurelles permettront de limiter drastiquement les nuisances dont sont victimes les habitants de Bruxelles et de la périphérie, à savoir :
      – La spécialisation de l’aéroport en un « cityairport » uniquement destiné aux passagers.
      – l’allongement de la nuit de 23.00 à 7.00 du matin et non à 6.00 comme actuellement.
      – La suppression progressive des vols de nuit.
      – L’instauration d’une Autorité de contrôle indépendante.

      Nous appelons régulièrement les autorités fédérales à mettre en œuvre ces mesures.

      La problématique du survol de notre région est et reste, depuis de nombreuses années maintenant, bien entendu une de mes priorités et je ne cesserai de défendre pour nos habitants le droit à la quiétude. Je poursuivrai avec détermination ce combat politique, tant au niveau régional qu’au niveau communal, tant que la situation ne sera pas satisfaisante pour nos habitants !

      J’invite également chaque citoyen survolé à introduire une plainte auprès du médiateur fédéral (voir coordonnées ci-dessous), afin que Bruxelles fasse entendre sa voix citoyenne, complémentairement à la voix politique, dans ce dossier.

      Informations utiles :
      Service de Médiation pour l’Aéroport de Bruxelles-National
      Pour des informations et requêtes concernant les procédures de vol et les nuisances sonores dues au trafic aérien de/vers l’aéroport de Bruxelles-National Service de médiation pour l’Aéroport de Bruxelles-National c/o Directorat-général Transport aérien Rue de la Fusée, 90 B – 1130 BRUXELLES Téléphone : 32.2.724.02.60 Fax : 32.2.277.48.69 Formulaire électronique sur http://www.airportmediation.be

      Cordialement,

      Benoît Cerexhe

      • Magnus, le

        Monsieur Cerexhe,

        Peut-être serait-il intéressant d’informer Mr Wathelet qu’il n’y a pas 2 avis différents au sein du MR.
        Auriez-vous changé de couleurs entretemps ? Pour ma part, j’aurais apprécié un peu plus de soutien de notre bourgmestre. Il ne fait décidément plus « bon vivre » à Woluwé Saint Pierre !
        Bien à vous,

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